23.08.2009

Sobriété joyeuse

Le Mouvement écologiste vient de tenir son université d’été à Nîmes. Gonflées d’énergie et d’enthousiasme suite au franc succès de la liste Europe Ecologie aux élections européennes plus de 1800 personnes venues de toutes la France ont débattu pendant trois jours politique et écologie dans une ambiance studieuse.

Toits de Choix et EcoHabiter 30 ont participé à ce rassemblement pour présenter la démarche de l’Habitat Groupé en autopromotion. Les nombreux échanges avec notamment des élus verts de collectivités territoriales confirment une demande forte pour des solutions alternatives aux lotissements et plus généralement dans les projets d’aménagement. Ils nous ont fait part de leurs difficultés à trouver des réponses avec les acteurs conventionnels (aménageurs, promoteurs…). Le concept de l’Habitat Groupé les séduit, mais ils sont conscients que ces projets ne peuvent pas se réaliser sans la mobilisation des citoyens. Les portes semblent grandes ouvertes pour les groupes, sous condition de proposer des projets sérieux et viables.

Les discussions intenses sur le stand m’ont malheureusement empêché de participer aux ateliers. Mais la raison de notre présence en tant qu’acteur opérationnel était de présenter nos propositions et pas de nous lancer dans le débat politique. En revanche, je tenais à assister au moins à la plénière de clôture. Dans un amphithéâtre bondé et surchauffé, plus de 600 personnes écoutaient les conclusions proposées par les intervenants. Ce moment était marqué par  une ambiance très chaleureuse, par la discipline du public malgré les températures élevées ainsi que par la qualité des expressions et de l’animation de Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts. La question posée de l’écologie comme fondation possible de notre civilisation était abordée sur plusieurs angles, philosophique, économique et social.

Les réponses très riches se résument par un véritable programme de vie : la sobriété joyeuse. La sobriété s’impose naturellement face à l’épuisement des ressources et les menaces qui pèsent sur la biodiversité et sur les équilibres climatiques et sociétaux qui ont leur origine dans le paradigme capitaliste et libéral. Il génère la démesure qui, aujourd’hui et de toute évidence, tourne à l’autodestruction de notre civilisation. En revanche, la deuxième partie de la conclusion, la joie de vivre ou le bien-être, mérite plus d’explication. En effet, le système libéral est basé sur une motivation de l’individu à absorber une quantité illimitée de produits ou de services. Seule une angoisse profonde de manquer de quelque chose peut expliquer la volonté de ceux qui ont déjà tout, d’augmenter encore la quantité de leurs biens et réserves. Et cette ambition sans limites pour plus de richesse, et donc de pouvoir, fait tourner la machine infernale de la croissance sans fin qui nous promet confort et prospérité en excluant 80% de la population mondiale. C’est donc l’immaturité de l’être humain qui n’a pas dépassé ce stade infantile de dépendance affective qui serait à l’origine des maux de notre civilisation. Ainsi, cette angoisse fondamentale est transformée en besoin de sécurité (industrie de l’armement), en besoin de consommation compensatoire. Notre incapacité à organiser matériellement notre passage éphémère sur cette terre en fonction de nos besoins et donc de partager les ressources équitablement entre tous n’évoluera pas tant que nous ne trouverons pas un moyen de progresser individuellement sur ce chemin de l’être social qui est bloqué volontairement par le système en place.

Alors, comment se conforter, comment vivre avec la conscience de son existence éphémère ? L’humeur, le rire, la joie de vivre, le plaisir à être ensemble, semble une bonne piste. Considéré l’autrui comme appui, comme partenaire, accepter la diversité comme expression naturelle et non comme une menace, permettra de dépasser le stade de l’absorption pure, qui caractérise la condition du nouveau né et d’évoluer vers l’être humain social mature. Je ne suis pas philosophe ni universitaire, je ne retiens que des fractions de la profondeur de cette pensée. Cependant, mon intuition me confirme que la perspective de la joie partagée serait un modèle alternatif à l’affrontement qui marque actuellement notre quotidien.

Une autre intervention invitait à déconstruire la grosse machine opaque qui nous alimente au quotidien. On prend conscience de cet appareil quand il ne fonctionne plus. Des pannes d’électricité nous rendent vulnérables, mais le système de la production est devenu complètement inaccessible et anonyme. La grève des transports nous expose la fragilité de notre modèle social et de mobilité. L’agacement qui nous gagne à ces moments est également le signe que le temps est devenu un mince fil prêt à se briser à la moindre perturbation. Un autre exemple de la démesure est le fait que nous subissons une crise financière et bancaire qui concerne à peine 3% des valeurs échangées mais qui détruit des millions d’emplois et plonge une quantité incroyable des personnes dans la détresse.

Cette immense boîte noire est hors de contrôle, elle fonctionne selon sa propre logique. Un changement peut venir de la déconstruction progressive de ces infrastructures et de la reconquête, du moins partielle, secteur après secteur. Le chemin passe forcément par la diminution des délégations et de la réorganisation de l’échelle de proximité. L’avenir du global serait au niveau local.

Sobriété, joie de vivre, partage, proximité… Ce n’est pas que je cherche à justifier nos initiatives, mais je dois constater que ces notions constituent la base de la démarche de l’Habitat groupé écologique en autopromotion. Construire des logements économes en énergie, préserver les ressources, créer des voisinages qui  permettent l’entraide et la solidarité, agir et prendre en considération le niveau local, le quartier, la ville, le territoire. Et, bien entendu, avec une salle polyvalente, espace pour les fêtes, repas d’amis, jeux d’enfants, bref, un lieu joyeux. Me voilà rassuré et motivé à intensifier encore mon engagement.

Nîmes, le 23/8/09

11.04.2009

Les associations d'Habitat Groupé locales

Je reçois régulièrement des appels de personnes de toutes les régions en France qui ont de difficultés pour réunir des partenaires pour lancer un projet d'habitat groupé en autopromotion. Cette pratique est encore trop peu connu chez nous pour que les groupes se forment spontanément.

Dans différentes villes en France se sont créé des structures fédératrices qui cherchent à regrouper particuliers et projets afin de faciliter la progression des groupes constitués? Mais ces structures ne fonctionnent pas de la même manière. Afin d'engager une analyse des différentes pratiques je présente ici les objectifs et le fonctionnement de l'association EcoHabiter 30 dans le Gard.

L'association a été créé en février 2009 suite à trois réunions d'information sur l'habitat groupé écologique en autopromotion organisées par la Courte Echelle, un lieu de stage et de bien-être dans qui occupe le premier bâtiment à énergie positive à Nîmes, le CAUE du Gard et Toits de Choix. Chaque réunion avait réuni plus de 30 personnes et la proposition de créer une associations qui porte la démarche dans la durée a mobilisé immédiatement une vingtaine de personnes.

Les objectifs

DSC01377.JPG1 - Regrouper des particuliers intéressés par la démarche : Les activités de l'association permettent aux particulier de préciser leur projet individuel. Il s'agit de formuler les aspects qu'on souhaite partager mais aussi les limites de chacun. Une définition des deux sont indispensable pour intégrer un collectif qui fonctionne dans le temps. Chacun peut ensuite comparer son projet avec ceux des autres adhérents et former des groupes de travail pour étudier ensemble des projets convergents. Une fois valideés quelques éléments essentiels, comme les valeurs partagées, l'emplacement, la taille de l'ensemble, la typologie architecturale ainsi que les bases économiques et juridiques, le groupe peut décider de constituer un projet et s'organise à titre privé d'abord comme collectif d'études, qui précise le projet et cherche une terrain, et ensuite comme Maître d'Ouvrage collectif. L'association n'a pas vocation à être porteuse de projet concret. Elle ne peut assumer la responsabilité qui incombe à un Maître d'Ouvrage. Par contre elle peut contribuer à la mise en place du projet et offrir aux groupes constitués le bénéfic de ses réseaux et initiatives.

2 - Constituer un capital connaissance : Les ateliers et sémainaires organisés pour et avec les adhérents permettent également d'acquérir les notions de bases méthodologique, économique et juridiques d'un projet collectif de construction. Base documentaire, visite de chantiers, intégration dans des réseaux régionaux et nationaux, ce sont des moyens pour aider chacun à avancer sur le parcours vers la maîtrise technique et économique du projet.

3 - Communication : La démarche de l'Habitat groupé en autopromotion offre un grand nombre de bénéfices pour les particuliers et les collectivités. L'association fait connaître le concept et crée des liens avec les acteurs de l'aménagement, les élus, les médias et associations. L'absence de référence pénalise ces projets et les porteurs doivent obtenir la confiance des partenaire publics et leur réconnaissance du concept.

Le Plan d'action

1 - Réunions d'informations : Ecohabiter 30 organise toutes les 6 semaines des soirées où elle présente le concept de l'Habitat Groupé Écologique en Autopromotion et les activités associatives. Ces soirées permettent aux particuliers intéressés à s'informer. En général un tour de table est animé en deuxième partie de la soirée et les personnes sont invitées à adhérer pour pouvoir participer aux autres activité de l'association.

2 - Ateliers et séminaires réservés aux adhérents : Toutes les 2 semaines sont organisées des soirées où les adhérents forment des petits groupes de travail. Ici s'engage le véritable chantier avec discussions autours des questions comme le "Vivre et faire ensemble", la conception bioclimatique ou encore les formes juridiques envisagéables. Régulièrement ces ateliers prennent la forme d'une journée à la campagne, plus intenses et aussi plus conviviales.

eco30_salsesam_09030955.JPG3 - Participation aux événements et réseaux : Ecohabiter 30 s'organise pour être présent lors d'événements consacrés à la construction écologique ou la démarche citoyenne. Certains membres sont actifs dans des réseaux nationaux liés à l'Habitat groupé ou proche.

4 - Outils de communication : Un blog a été créé comme vitrine extérieure sur internet, un groupe yahoo réservé aux adhérents permet la optimise la communication interne et des flyers A5 de bonne qualité sont distribuées dans une cinquantaine de lieux du département.

Potentiels et difficultés de ces associations

Ces associations doivent créer des conditions favorables à l'émergence de projets d'Habitat groupé sur un territoire donné. Elles deviennent des lieux de regroupement de personnes isolées auparavant et font connaître le concept. L'objectif est d'optimiser la mobilisation des adhérents par la structuration des activités et démarches. Le désir spontané pour un habitat de ce type s'épuise régulièrement par la difficulté d'avancer concrètement ou par un déficit méthodologique.  Il n'est pas acceptable qu'un projet s'étale sur plusieurs années de préparation. La frustration consommera l'énergie initiale et les personnes se tournent vers les solutions conventionnelles. Les association représentent un fort potentiel d'augmenter les chances d'un particulier de créer ou de joindre un groupe.

De nombreuses initiatives isolées se soldent aujourd'hui par des échecs. Aujourd'hui on peut multiplier le taux de réussite par 20 au moins en apportant à ces initiatives compétences professionnelles et méthodes. Les associations peuvent préparer le terrain en sensibilisant les groupes aux enjeux et contraintes de ce type de projets. Il va de soi que les groupes qui sont liés à l'association s'obligent à présenter des projets d'une qualité professionnelle irréprochable et il appartient aux responsables associatifs à veiller sur ce point. A ce stade, personne ne pourrait supporter une contre-référence.

D'autre part il me semble indispensable à intégrer dans ces associations tous les modèles opérationnels pour l'Habitat Groupé. Autopromotion, autoconstruction, coopératives d'Habitants, copropriété, autant de solutions que de projets. Une approche exclusive consacrée à une seule solution ou à un nombre limité de projets diminuerait considérablement l'attractivité de ces regroupements et l'efficacité de leurs actions.

Les projets d'Habitat groupé comme les associations vivent de la mobilisation des participants. Le partage des responsabilités au sein d'une association permet de diminuer la charge individuelle. Il convient à éviter en permanence le phénomène des "Chefs". L'association n'est pas un prestateur de service. Elle doit être porté par les adhérents qui réconnaissent en elles un moyen de réaliser leurs projets individuels. Il y aura toujours de niveaux de mobilisations différentes mais il appartient aux responsables à être vigilants à ce sujet.

Enfin la création de ce type d'association sur tous les territoires permettrait à créer un réseaux efficace avec échanges d'expériences et méthodes.

Conclusions

Aujourd'hui le paysage de l'habitat groupé est très diversifié et les forces actives sont peu organisées. Nous souhaitons contribuer au développement d'un réseau structuré qui nous semble indispensable pour la création des conditions favorables pour l'Habitat Groupé dans toutes ses formes en France avec omme objectif principal d'en faire une pratique courante comme chez nos voisins européens. Ces associations portées par des particuliers intéressés et mobilisés nous semblent un bon moyen pour avancer et elles peuvent compter sur notre soutien actif.

04.04.2009

Les rendez-vous du printemps

Ce printemps 2009 est marqué par de nombreux déplacements et événements où nous présentons le concept d'habitat groupé écologique en autopromotion.

27 mars : Conférence à la FNAU (Fédération Nationale des Agences d’urbanismes), Paris
1er avril : Conférence organisée par «Forum Bien Être», Novotel, Sophia Antipolis (06)
6 avril : Présence aux «Moisson d’idées vertes», St Christol (34)
27 avril et 12 juin : Réunions d’information et d’échange avec l’association EcoHabiter 30, Nîmes
10 mai : Présence à la Journée QEH à Celles (34)
12 mai : Conférence à St Mathieu de Tréviers (34)
16 et 17 mai : Présence au Forum Rural de l’Eco-habitat, Vabres (30) avec EcoHabiter 30
6 et 7 juin : Présence au «Parcours des Sens», Sommières (30)
avec EcoHabiter 30

au plaisir de vous rencontrer à une de ces occasions

25.02.2009

L'Habitat groupé comme produit commercial

Je suis tombé ces jours-ci à plusieurs reprises sur la présentation d'un nouveau concept d'habitat proposé par l'architecte Patrick Rheinert. Il l'appele "Une résidence pour réinventer le voisinage". Vous pouvez accéder à cette présenation par ce lien:

http://www.maisonapart.com/edito/immobilier-une-residence-pour-reinventer-le-voisinage-2617.php

L'approche est assez simple. Il s'agit de mettre en œuvre le concept de l'habitat groupé sous forme de produit commercialisable.

Un bien joli produit qui correspond évidemment à une nouvelle demande pour plus de proximité, plus de lien et de la qualité environnementale.
Un bien joli produit qui positionne l'habitant de nouveau comme consommateur là, où on pourrait lui faire une place d'acteur.
Un bien joli produit qui doit encore trouver un producteur qui se lance dans l'aventure dans une période où les promoteurs se replient sur du basic, standardisé et moins risqué. Sans parler du fait qu'ils n'aiment peu la mixité. Ils considèrent la proximité entre logement social et propriété conventionnelle comme un élément pénalisant la commercialisation. Sans parler de la rentabilité diminuée pour les investisseurs dans le locatif due au surcoût initial.

Et quand je vois annoncé en option les toilettes sèches, je suis à peu près certain, que cette option ne sera que très rarement mise en œuvre.
Et quand je lis qu'Effinergie est un label qui certifie la qualité des matériaux, je cherche dans les référentiels et je ne trouve pas grand chose à ce sujet.
Et quand j'imagine le GG (le Gentil Gardien), j'imagine le boulot immense que représente la création du lien entre des habitants qui partagent pas forcement le même état d'esprit. Bien sur, si ce lien proposé se limite à l'entretient de l'éclairage des parties communes, ça semble envisageable. Et un habitat n'est pas un Club de vacances...

M l'architecte dit très justement que ce type de concept fonctionne. Peu en France, nous sommes d'accord, mais si ça fonctionne ici ou ailleurs, c'est que les habitants sont porteurs de leur projet collectif. "Faire et Vivre ensemble" sont les liants de ces projets. De plus il semble indispensable de créer des conditions matérielles pour que le lien social se renouvelle en permanence (salle polyvalente, atelier commun, chambres d'amis, potager partagé...). Les projets qui font l'économie de ces espaces mutualisés, finissent généralement en copropriété conventionnelle avec tous les litiges que nous connaissons.

Le concept marche même très bien chez nos voisins où on atteint les 20% du logement neuf en autopromotion dans certaines villes. Si ça ne marche pas encore ou d'une manière très isolée et "privée" (on dirait que ces projets privés valent un peu moins aux yeux de l'architecte que les projets, quoi?, "public" ou "conventionnels" réalisés par des promoteurs, donc aussi des privés...???), si donc ces projets sont rares en France, c'est que les acteurs conventionnels (collectivité, aménageurs publics ou privés, bailleurs sociaux et promoteurs) ne soutiennent pas cette pratique contrairement aux acteurs des pays où ça fonctionne, et, deuxièmement, les citoyens sont ici habitués a consommer et de ne pas prendre en main leurs besoins.

Heureusement de plus en plus de gens prennent conscience que le concept de l'autopromotion permet non seulement de réaliser des l'habitat d'une autre qualité sociale et écologique, mais aussi moins cher. Les 10% de surcoût (de construction, pas de prix final, si j'ai bien compris) est largement compensé par les 15 à 20% de réduction du prix final (cette fois ci), par ce qu'ils évitent les frais de commercialisation et les marges des promoteurs.

La situation évolue actuellement et les projets et regroupement de particuliers se multiplient. J'aurais préféré que M Rheinert mobilise ses énergie en faveur des ces initiatives citoyennes au lieu de consulter les collectivités qui, de toute manière, ne peuvent rien imposer aux acteurs. A quoi bon un maire motivé et séduit, si aucun promoteur ne se présentera pour réaliser ce projet, qui, en plus, laisse des doutes quant aux moyens mis en œuvre pour atteindre le but, c'est à dire une logement plus humain, plus solidaire et durable, comme on dit aujourd'hui.

Bref, les intentions sont bonnes, mais je pense que l'architecte a fait un erreur de direction. Ceux qui joue au GO connaissent les conséquences fatales de ce type d'erreurs.

26.11.2008

La crise

Depuis 30 ans la croissance et confisquée par une minorité. C'est évidemment cette minorité qui prend les décisions et tant qu'elle profite des fruits de la croissance, elle ne va pas changer quoi que ce soit. Aujourd'hui pratiquement plus rien ne cadre la spéculation financière. Les bulles s'enchaînent et ceux qui l'alimentent, en profitent sans scrupules jusqu'au dernier moment avant l'éclatement. Le système est dépourvu d'une capacité d'autogestion ou d'autocritique. Actuellement les populations du monde entier payent pour ces convulsions spéculatives. Les dirigeants ont compris le danger et essaient de s'organiser pour sauver les soldats Libéralisme et Économie globalisée. Mais ce n'est qu'une nouvelle tentative du système de s'adapter aux évolutions afin de garantir sa survie.

Le désarrois est à son comble. Comment envisager l'avenir de notre belle humanité dans ces conditions? Comment vivre en tant qu'individu, sachant que notre civilisation-même est en danger et peut-être même notre espèce qui scie la branche sur laquelle nous sommes assises? Soit on trouve du réconfort dans la spiritualité, soit on s'organise pour le temps que nous est imparti. Et là, je vois effectivement un espoir. Depuis 50 ans on nous prend pour des consommateurs abroutis. On nous isole dans des pavillons, on nous met la pression au boulot, on vend la disponibilité de notre cerveau et nous explique que c'est la liberté de faire des courses frénétiques le samedi en Ville Active... Ca marche le temps que la compensation semble plus forte que la perte de liberté réelle. Aujourd'hui ça marche de moins en moins. Les salariés des pays dits "développés" sont en compétition directe avec les populations des pays émergents qui ne gagne qu'une fraction de confort en contrepartie de leurs efforts, les nouvelles sources de richesse comme l'économie immatérielle s'épuisent. La situation s'améliore pour certains chinois et émirats arabes, mais pour nous, qui nous plaignons à un niveau toujours assez confortable, le compte n'y est plus. Fini l'illusion que nos enfant auront plus de confort, plus de santé, plus de liberté de mouvement.

Les principes de nos sociétés de consommation et de croissance sont basé sur l'égoisme et la cupidité. La compétition à l'outrance. Ces traits de caractères sont certainement inscrit dans nos gènes. Le prédateur en nous, nous ne pouvons le nier. Mais il y en a d'autres. L'esprit coopératif, le lien social et l'activité culturelle et artistique, ces inventions humaines ont permis de dépasser le stade sauvage à une civilisation. A nous de redécouvrir ces qualités qui peuvent du sens à notre présence ici et maintenant. Concrètement, c'est l'habitat groupé, les circuits courts de produits agricoles, le relocalisation des activités, l'engagement dans la vie associative, temps passé avec les enfants...Et un peu moins d'heures devant l'ordinateur.

Et n'oublions pas que la crise, aussi bénéfique qu'elle pourrait être, va avoir des conséquences terribles pour certains. Les multinationales comme Unilever vont prendre les difficultés comme prétexte pour accélérer les restructurations et fermer des sites en France. "Une mauvaise nouvelle parmi d'autres", diront elles. Donc de nombreuses personnes perdront leur boulot après 30 ans chez Amora ou Michelin ou ailleurs, après avoir vécu dans une certitude qui a construit leur vie. Certains vont perdre leur maison (plus capables de rembourser les crédits), et pire, perdre la confiance en eux. Le chômage est souvent vécu comme une honte et pas tout le monde n'aura les capacités intellectuelles ou culturelles pour se relever tout seul. Dans notre réjouissance sur l'échec libéral, n'oublions pas les victimes innocents. La solidarité commence là, et avec elle la voie vers une autre manière de vivre ensemble.

06.11.2008

Réunions Habitat Groupé Écologique à Nîmes et Montpellier

Le Sud bouge. Plusieurs soirées seront organisées autour de la question de l'Habitat groupé écologique et l'autopromotion à Montpellier et à Nîmes. Ces réunions ont pour but d'informer et d'échanger sur les perspectives de ce type de projets dans notre région. Dans le contexte actuel de la crise du libéralisme sans limites, la question de la qualité environnementale et sociale des logements est la dernière préoccupation des acteurs conventionnels comme les promoteurs. L'autopromotion permet à chacun de prendre l'initiative et de créer avec d'autres personnes qui partagent ces valeurs, un habitat réellement durable et marqué par un nouveau rapport entre voisins, plus solidaire et plus convivial.

Merci de diffuser largement cette information.

Une soirée à Montpellier le 18 novembre à la Maison de quartier Frédéric Chopin, 1 rue du Marché aux Bestiaux, à 20h. Organisée par l'association Ecohabitons

3 soirées à Nîmes, le 5 décembre, le 12 janvier et le 2 février à La Courte Échelle, 11 bis rue de Genève, proche de la Gare SNCF.

informations détaillées au http://www.toitsdechoix.com