12.09.2008

«Promotion» versus «Autopromotion»: une alternative plus durable ?

Plan Maisons groupées ObstbaumwieseLe logement peut-il être une marchandise, un bien de consommation que l’on achète ou loue comme un autre ? Le logement est-il un produit financier que l’on loue pour bénéficier d’avantages fiscaux, un placement avec lequel on spécule ? Le logement est-il un produit industriel standardisé, «une machine à habiter» comme le qualifiait en son temps Le Corbusier ?

Oui il est tout cela pour la majorité du public contemporain mais il est bien plus encore pour une autre partie de la population. Le logement est une «troisième peau» de l’homme, il est abri et lieux de vie et d’épanouissement pour une famille et la micro société du «voisinage», il est l’ancrage dans un lieu, une culture, un réseau de relations sociales de proximité. Le logement et l’immeuble composent l’image du quartier et la ville. En s’identifiant au logement dont il est propriétaire, l’habitant s’inscrit dans un lieu et la durée.

La promotion immobilière produit un habitat dont la durabilité est structurellement limitée par :

  • la rupture entre producteur (maitre d’ouvrage) et usager (maitre d’usage) qui achète in fine une production nécessairement standardisée pour être rentable
  • une recherche du profit immédiat et non d’une performance globale à long terme

L’autopromotion apparaît quant à elle structurellement plus qualitative du fait que le propriétaire et l’usager final conduit lui-même l’entreprise de construction de son habitat. Sa perspective est naturellement la performance, la qualité d’usage et la valeur patrimoniale à long terme.

extrait du mémoire "Pour une autopromotion en France" de Alain Meyer, 2007

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